La nuit tombe progressivement, nous en profitons pour faire une pause gaufre – chocolat chaud. Sur le chemin, de retour à notre logement d’une nuit, nous nous arrêtons dans 3 restaurants. Tous ont une cheminée, qui, dans l’état des choses nous fait rêver. Mais les 3 sont complets !
Nous finirons par nous coucher à 22 heures avec un thé, une bonne lecture et une superbe nuit de repos.
Le réveil sonne, on est dimanche matin. On est bien. Le ciel est dégagé et quelque chose me dit qu’il faut s’activer pour en profiter. Je nous presse un poil, fait manger les toutous et nous prenons la voiture pour une direction inconnue de ma mère.
En lançant le GPS (que je lui demande de ne surtout pas regarder), je prends connaissance des 45km à effectuer. Je voyais ça à 10-15 minutes, raté !
Le pont de Normandie que nous empruntons est une majestueuse prouesse réalisée par l’homme. 2000 mètres qui donnent la sensation de s’envoler au dessus de l’estuaire de la Seine.
Nos échanges sont simples, ponctués de rires et d’une complicité évidente. Je suis heureux de voir le bonheur de ma mère.
En arrivant sur Etretat, ma mère est ravie. Elle redécouvre cet endroit presque 25 ans après son premier passage. Je nous prends du petit-déj à la boulangerie du coin. 2 cafés à emporter au troquet d’à côté.
La serveuse en profite pour me conseiller de bien profiter car de la grêle est annoncée ! En 3 minutes de marche, le vent se lève et le bruit des vagues résonne dans les ruelles. Nous découvrons les falaises avec enchantement.
Comme à Honfleur, nous sommes accueillis par les rayons du soleil, le bonheur. Nous attaquons dardar l’ascension des falaises, orientées au Nord. Elle conduit à la chapelle Notre Dame de la Garde qui domine ici tous les éléments.
La marche qui continue le long des falaises est exactement ce dont nous avons besoin : de nature, de grand air, de verdure. Un panorama exceptionnel qui nous inspire. Nos échanges sont simples, ponctués de rires et d’une complicité évidente. Je suis heureux de voir le bonheur de ma mère.
Son bonheur à elle, un bonheur qu’elle a construit, qui la nourrit et donne du sens à sa vie.
Sur le chemin du retour, l’expérience m’apprendra pour les prochaines années à réserver les restaurants la veille d’y aller ! Les fruits de mer ne seront pas pour cette fois. Nous passons quand même un excellent moment autour d’un brunch dans le salon de thé : Les délices de Naty.
J’emboite justement le pas à Naty, la propriétaire du lieu et lui demande des nouvelles du pays.
Elle me répond que son restaurant ne désemplit pas en haute saison. Les gens font la queue pour attendre qu’une table se libère. Il est 14h30, dimanche 11 février 2018, nous sommes 7 clients en incluant Mia et Nuba !
Les joies de découvrir de tels endroits à cette période de l’année. Femme d’une cinquantaine d’années, Naty 50 m’explique son parcours. Elle ouvre sa première affaire à proximité de Caen, il y a une dizaine d’années. Puis, mène à bien un projet d’envergure au Havre.
Elle présente à la mairie de la ville son idée d’installer un grand salon de thé dans les jardins suspendus, à l’époque, en projet de construction. A force de persuasion et de pugnacité, elle se retrouve avec 180m2 à disposition pour une aventure qui durera 10 ans.
C’est un réel succès, niché dans un des plus beaux endroits d’une ville d’apparence abjecte, avouons le ! Le lieu ne désemplit pas et se transforme même en incontournable lieu de passage pour les voyageurs en transit. Le business foisonne, mais Naty ne reconnait plus son cocon des débuts. Trop de monde, trop vite, trop l’usine à son goût.
Elle revend le bébé avec satisfaction car ses successeurs exercent la même activité. Aujourd’hui paisiblement installée à Etretat, Naty gère aussi sa maison d’hôte, une boutique de thé en ligne et propose ses services pour les vins d’honneur.
Son bonheur à elle, un bonheur qu’elle a construit, qui la nourrit et donne du sens à sa vie.
J’ai toujours du mal à dire je t’aime à ma famille. Je ne sais pas pourquoi.
Nous prenons un second café au chaud face à l’Atlantique. L’escapade touche à sa fin.
En sortant, un mini miracle se produit.
Les nuages font place à un ciel dégagé et libère un franc soleil qui accompagne notre seconde ascension, vers la légendaire falaise d’Aval en forme d’arche. Sans protections ni garde corps, le risque est permanent avec nos 2 chiens non tenus en laisse !
Plusieurs fois notre cœur s’accroche à flan des 80 mètres de falaise.
Le panorama est sublime, je prends ma mère dans mes bras et la serre contre moi. Elle me remercie et me dit qu’elle m’aime. J’ai toujours du mal à dire je t’aime à ma famille.
Je ne sais pas pourquoi. Je le dis à longueur de journée à Mia, à mes amis mais j’ai tant de mal à le prononcer quand il s’agit des personnes qui me sont le plus proche. Je prends une inspiration et parviens à le sortir. J’en suis aujourd’hui très heureux car je sais qu’il restera comme un magnifique souvenir, gravé la haut, à jamais.