En ce week-end de début février 2018, j’emmène ma mère pour notre seconde escapade Mother&Son. Petit rappel des faits, j’ai décidé depuis 2 ans (en 2016) de ne plus offrir de cadeaux d’anniversaire matériels à mes parents et à ma sœur.
A la place, je leur trouve une attention personnalisée je jour J, et surtout, leur prépare une enveloppe avec une lettre en leur indiquant que je les emmène pour une escapade d’au moins une nuit, le temps d’un week-end.
A mes yeux cela à une valeur bien plus forte.
Celle de se retrouver, de pouvoir échanger en profondeur, de créer des souvenirs, de vivre et découvrir de nouvelles choses ensemble, de faire des rencontres, de rigoler, de se rapprocher.
J’ai trop de fois entendue « je n’ai pas le temps », c’est faux ! Tu n’as pas PRIS le temps ! C’est très différent.
Je prends conscience au fil des années de la valeur du temps qui nous est donné, de la chance d’en profiter au quotidien en bonne santé.
Mais ce dernier passe à une vitesse folle et si on ne prend pas le temps de s’arrêter, il nous passe littéralement sous le nez.
Mes parents avancent en âge, certaines personnes de mon entourage disparaissent, d’autres, nombreuses, tombent malade.
Il faut savourer notre temps. Il faut savoir prendre le temps.
J’ai trop de fois entendue « je n’ai pas le temps », c’est faux ! Tu n’as pas PRIS le temps ! C’est très différent.
Tu ne t’es pas assez organisé, levé assez tôt, anticipé les événements et tu t’es laissé déborder, voilà tout.
Nous sommes tous responsable du temps qui s’égraine devant nous, de la façon dont chaque grain de sable tombe pour s’empiler de l’autre côté du sablier, le passé.
Nous avons tellement à apprendre et à nous transmettre les uns les autres.
J’ai donc choisit d’investir un week-end de 2 ou 3 jours par an pour les personnes qui me sont le plus chères. Le jour ou il disparaîtrons, je veux voir jaillir ces images vécues ensemble.
Nos rires, notre complicité, nos rencontres et échanges. Aucun regret, plutôt ce sentiment satisfait d’avoir tout fait pour tirer pleinement parti de la chance que nous avons de nous connaître. Mon père est profondément drôle et il est un As du management.
Ma mère est la personne la plus généreuse que je connaisse, son plus grand bonheur est de rendre les autres heureux. Ma sœur, rayonnante d’amour est par ailleurs très qualifiée en médecine douce.
Nous avons tellement à apprendre et à nous transmettre les uns les autres.
Ces escapades, moments suspendus dans le temps, sont les plus propices pour solidifier nos relations, comme on met du charbon pour faire avancer une locomotive.
Tout en chargeant leurs valises, je les missionne de garder la destination secrète, je garde la surprise le plus longtemps possible !
Ce samedi 10 février 2018, 8h30, le soleil se lève doucement, les trottoirs sont couverts de verglas, nous partons ma mère et moi, Mia et Nuba nos 2 toutous, Cap à l’Ouest. Nous traversons la capitale encore couverte de neige.
La Seine déborde toujours, les quais sont impraticables, donc le Rosa Bonheur reste fermé ? Le ciel est lui d’un bleu parfait. Nous récupérons 3 co-voitureurs place de l’étoile.
Un frère, sa sœur et son petit ami. Ils viennent du Liban, font tous médecine, un spécialiste du Cancer du Colon, un gynécologue et une dentiste. Ils sont des rencontres et des échanges fortuits, comme à l’accoutumée du Co-voit !
Tout en chargeant leurs valises, je les missionne de garder la destination secrète, je garde la surprise le plus longtemps possible !
Cette destination, une semaine avant je ne l’avais toujours pas !
C’est en partant de Nevers une semaine plus tôt que j’ai eu le flash.
Je rentre sur Paris et dans l’allée qui mène au portail : Étretat surgit de nulle part, vendu, nous irons à donc à Étretat ! Ça n’est qu’une semaine plus tard, soit 2 jours avant de partir, que je lance la requête Google : « maison d’hôte Étretat ».
Deux coups de fil passés, une fermée, l’autre refuse les chiens et m’informe sur le peu d’activités à cette période de l’année. J’élargis la recherche et pense à Honfleur, un poil plus animée.
Un appel, la tenancière est en train de faire des crêpes, ses directives fusent à travers le resto, il reste une chambre, elle sera la nôtre dès 11h samedi matin, heure à laquelle elle prépare le plat du jour.
Chouette ! Ça à l’air atypique et ça fera l’affaire ! Une fois sur place, la cuisine vient d’être nettoyée mais les odeurs sont tenaces !
La chambre, propre et confortable donne accès à la salle de bain commune, ça sera ambiance auberge de jeunesse.
Dans l’histoire, j’ai de la chance que ma mère soit décontractée à ce niveau.
Elle pourrait, à 50 ans passés faire la tronche pour un plus grand confort mais je ressens qu’à ce moment, le principal est d’être ensemble.
C’est pour ce sentiment précis que j’organise ce genre d’escapade.
Quelle chance d’arriver sous le soleil Normand ! Le port en plein centre ville rayonne grâce au bleu du ciel qui le surplombe.
La carte postale est parfaite, nous longeons les bateaux et nous arrêtons face à un gros chien debout sur un catamaran.
Sa maîtresse, jeune retraitée nous informe qu’elle et son mari ont construit chaque pièce du navire, conçu pour faire le tour du monde.
11 ans de travail ! Elle est couturière, il est « … » je ne me souviens plus mais je sais que c’est un métier manuel. Pour l’équivalent du budget d’un Pavillon, ils ont mis sur coque ce magnifique voilier auquel il manque le dernier détail : les 200m2 de voile !
C’est à priori le plus complexe à faire fabriquer, ce qui les retient depuis décembre 2017 à quai.
Ce couple de jeunes retraités est par ailleurs à l’initiative de « l’Association voyages du Bateau Ciseaux », visant à faire connaître les problématiques en Mer et à faciliter l’accès à la couture à chacune de leur escale.
Bon vent à eux et chapeau les artistes !
C’est en dégustant nos cafés – jus d’orange pressé que je sens la magie commencer à opérer.
Nous sommes installés à la meilleure table qui venait de se libérer, les rayons du soleil habituellement rare viennent à ce moment précis nous réchauffer, le panorama est lumineux, ma mère heureuse, nos toutous en pleine santé, et donc moi, naturellement comblé !
To be continued…